ITINERAIRE PICTURAL

Né le 10 0ctobre 1939 à TOULON Var.

Enfant ma famille se compose de sept personnes…  grand-mère Monteau, grand-mère Pauline, Charles et Thérèse mes parents, ma sœur Paule et mon frère Jean-Louis. Nous habitons le Clos Vitis, rue du Romulus, Impasse du souvenir,  Mourillon à Toulon dans le Var.

De 1945 à 1954,  je lustre les bancs de l’école primaire.
De 1954 à 1957,  je suis interne à l’école d’agriculture de Hyères.
De 1957 à 1960,  Ecole des Beaux Arts de Toulon.

De cette période des Beaux Arts j’ai le souvenir où avec mes trois amis….Jean François OLIVI devenu styliste et professeur de dessin, Jean Pierre VELLY devenu graveur et Peintre… Grand prix de Rome...  ( cliquer ici pour consulter le site de J.P. VELLY).....   Robert Pasquinelli devenu graveur, nous nous retrouvons dans les environs des Gorges d’Ollioules pour rêver, festoyer et nous imprégner de cet environnement pour construire notre devenir créatif.



La pensée est en développement nourrie par l'affect, les doutes, les échecs.
La vie est courte et entière.


En Juillet 1960, départ pour le service militaire pour 26 mois.


1963 - PARIS

 Je suis à Paris pour entrer aux Beaux Arts. Je loge rue Borrego avec Jean Pierre VELLY et très vite je vais au Louvres et entreprends de faire des copies des œuvres de grands maîtres.
Un matin, avec Jean Pierre Velly,  de la rue Borrego dans le 20e, jusqu’au Louvres, nous avons transporté à pied la toile sur laquelle je m’apprête à faire la copie du tableau de Eugène Delacroix … Le massacre de SCIO.

J’ai choisi un détail à droite de la toile, celui qui représente une femme morte avec son enfant sur elle.

Ce travail fut révélateur pour moi. Le jeu subtil des couleurs, la puissance expressive qui développe une ambiance fougueuse, une largesse de mouvement, une vision de liberté.
C’est à cette époque de ma vie que ma décision de passer le reste de mon existence à dessiner et peindre a été prise.
Une partie importante de ma personnalité s’est constituée à cette période… être fidèle à mes engagements.

Pour la peinture à l’huile, j’ai copié quelques reproductions de Cézanne et Vincent Van Gogh. Cet exercice de copiste m’a inspiré des constructions picturales. 

Dans la réalisation du « Fifre » de Manet, c’est mon frère qui posa. Dans celle des « Pèlerins d’Emmaüs » de Rembrandt,  j’ai pris le visage de mon père pour figurer le Christ.

Ces rendez-vous matinaux me permettent de découvrir Paris, ses rues, ses quais, son histoire.

La copie suivante fut … l’Erection de la croix  de Pierre Paul Rubens, une merveille, extraordinaire triptyque, ébauche de pâte onctueuse comme savait si bien faire le Maître, une façon d’esquisser sans pareil. Quelle liberté ! Quel souffle !

La troisième copie était un tableau du peintre italien Tintoret … Suzanne au bain. J’ai effectué cette copie en grands plans de couleurs vives. C’est un traitement nouveau qui me dirigera vers un autre peintre, Fernand Leger. Dans ..Suzanne au bain.. j’étais très impressionné par la stature des personnages.

Ces travaux se sont étalés sur de nombreuses années. Pendant tout ce temps je n’ai pas cessé de dessiner et peindre….personnages, visages, nus, natures mortes, paysages, oiseaux et même une descente de croix. Cette série est très colorée. Les couleurs, les rouges et les verts sont les pigments majoritaires, avec l’apport de bruns foncés. C’est une peinture en aplats pour les visages et les personnages.

En peinture je place en haut de la pyramide et pour toujours Matisse. Son trait, sa façon de dessiner la ligne, le décor des intérieurs, me séduisent. J’ai un amour immodéré pour l’ondulation de la ligne, pour le trait qui déchire la virginité de la toile ou de la feuille blanche. Dans les œuvres de Matisse c’est beau et somptueux.

Matisse et Fernand Leger tiendront dans ma mémoire une place très importante. 

1969

C’est en 1969 que je réalise ma première aquarelle. 

Ce fut alors une véritable révélation.

Si je développe cette attirance pour l’aquarelle, c’est pour la transparence des couleurs  avec l’aide du papier aquarelle blanc qui donne une extraordinaire luminosité aux moindres touches colorées, elle ne se retrouve pas dans la gouache, ni dans la peinture à l’huile.

A ce jour je pense avoir  réalisé environ 1 750 aquarelles !!!





1968 - 1972 - LES OUVRIERS 
                                           


Le thème du milieu ouvrier est lié à une pensée politique qui est le produit d’une époque mouvementée, la remise en cause généralisée de la société et la reconnaissance de cette dernière en classes exploitées ou dominantes. Les mains et la veste bleue, symbole de l’habit des ouvriers. Dans le traitement j’ai inclus des hommes dont la stature était importante et impressionnante à mes yeux d’enfant.

La totalité de ce travail est composé d’une certaine quantité d’aquarelles, comme de dessins à la plume.


1969 - 1972 -   LA PREFIGURATION

Définition : c’est figurer d’avance, être d’avance, le type, la figure. 
J’ai pris ce titre pour un travail qui s’étend sur plus de quatre années.
C’est une production dense, multiple. On pourrait traduire comme ayant une racine religieuse, une description de  l’image du Christ, celui qui est pour beaucoup une réalité. Pour moi, l’approche est différente, ce n’est pas le visage de Christ, mais celui de humain.
Cela précisé, le visage dans la « Préfiguration » est dans l’espace. Il est déstructuré, révélateur d’un monde subi et caché.

Ce thème va m’aider à développer un travail pictural avec de multiples approches. En effet, les variations sur le visage autorisent une quantité considérable de dessins avec de nombreuses aquarelles, des pastels, des peintures. C’est une période que je revendique comme une relation puissante et créatrice où la curiosité, la fébrilité, la remise en cause, les interrogations, viennent après l’accouchement pictural.

Dans la « Préfiguration », les jeux, les énigmes, sont nombreux car c’est une écriture de la liberté.

1976 – 1980   GRAPHISMES

                                                   

 Exposition à la Mairie de La Seyne s/mer en Juin 1980

 Graphismes reflète cette quête graphique qui me caractérise le mieux. La raison en est simple, j’ai toujours été fasciné par le trait.
C’est une rupture avec les lourdeurs de la touche en peinture à l’huile. 

Ainsi, en partant du tracé, d’un trait  le mouvement est constant.

L’écriture devient, par la multiplication de ces signes, ce que je nomme le Paysage mental. Le terme Paysage, associé au terme Mental concrétise une construction poétique très personnelle, une émotion qui naît au fur et à mesure du tracé sur la feuille.

 1975 - 1981  -  RACINES

Dans Racines, il y a plusieurs significations : d’abord celle des racines familiales. Le lieu de la naissance et  le lieu de vie.
Il y a aussi la partie la plus importante, celle qui est visible, les c
ouleurs utilisées.  

Ma vie est une recherche de la liberté, avec le désir d’être indépendant et responsable.  

Racines du lieu, de sa région. J’ai longtemps cru qu’en montant à la capitale j’enterrais à jamais mon passé provençal.
Ce thème t’a fait revenir sur terre. Et cela, grâce aux couleurs…

Rien n’avait disparu, bien au contraire.
Racines des couleurs méditerranéennes, ocres de toutes les nuances, du plus clair au plus foncé, des rouges bruns mais aussi de ce bleu qui est comme les cieux provençaux quand le mistral souffle et chasse pluie et nuages. Les couleurs utilisées pour « Racines » ont favorisé une compréhension plus claire et fixé mon attention. Grâce à elles je vais ébaucher une grande quantité de toiles et d’aquarelles. La couleur prend ici une place majeure.

 




1980 – 1983 LA NUIT GUATEMALTHEQUE

 Exposition galerie Charpentier, Rue St Louis en l'Ile à Paris.

 Elle est avec les Ouvriers,  le thème le plus directement politique.
          Le fait générateur se passe au Guatemala où des paysans indiens guatémaltèques furent impitoyablement massacrés, alors
          qu’ils venaient réclamer l’attribution de terres.

J'expose une vingtaine de Peintures à l'huile  avec les titres « Nuit », « Totem », « Espace contemporain » et « Oiseaux ».
On mesure rapidement l’importance de cette interpénétration qui va féconder les œuvres à venir, 
la tonalité générale
qui reste très colorée, très structurée.

LES OISEAUX ET TOTEMS

 1966, 1982  et  2003

Les oiseaux sont ici des aigles, toujours en position d’attaque. Ils sont de face, à cet instant précis. Ils ont la tête en avant, le corps et les ailes très fuselées, assez plates, semblables à ces avions de chasse. A cet instant précis ils donnent une image d’agressivité.......   ils fondent impitoyablement sur le spectateur.

 Mais je conserve cette fascination de l’amplitude des ailes, cette dextérité unique à utiliser le moindre souffle d’air, qu’il soit montant ou descendant. Je trouve les oiseaux d’une élégance suprême.

 LES TOTEMS

 J’aime leur verticalité, car elle situe un vrai lieu habité.
 J’aime également le symbole de ce tronc, de cet arbre à qui le Chaman va demander l’autorisation d’abattre, tout en s’excusant de sa décision…

 



DON QUICHOTTE

2000 à 2003

Deux expositions Don Quichotte à la galerie Karen Gulden,  Rue St Sabin  à  Paris.

DON QUICHOTTE c’est d’abord la lecture des aventures de l’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, roman écrit par Miguel de Cervantès. C’est une traversée de ma vie de peintre, de dessinateur.

La publication de la première partie du roman date de 1605. Il écrira une seconde partie en 1615, à dix ans d’intervalle. Il faut connaître l’historique de ces parutions. En effet, au regard de l’immense succès de son premier livre, en Espagne et bien au de-là. Il existe une publication plagiaire d’un autre écrivain, Avellaneda.
On comprend aisément la réaction de Cervantès.
Il produit alors une seconde partie, à l’issue de laquelle se joue la mort de Don Quichotte qui redevient « Alonso Quichano ». Cette mort prononcée, écrite, définitive, donne lieu à un morceau d’écriture que je trouve extraordinaire.

Il me faut quatre ans et plus pour travailler les deux parties.

Chez Karen, j’exposerai entre 2001 et 2003  des pastels et des aquarelles couvrant l’ensemble de ce travail.

Mon travail commence bien entendu par l’exécution de nombreux portraits de Don Quichotte et de Sancho. D’hésitations en corrections progressives, les traits, l’attitude, la couleur, vont se stabiliser pour arriver à un résultat qui me paraît être adapté à ma vision.

Même si les expressions vont changer tout au long de ces années de travail, les personnages devront former un ensemble cohérent proches de la situation décrite. En effet, les expressions seront différentes selon l’aventure vécue. La stabilité, la présence, la teneur du personnage tiennent à mon choix qui est de valoriser le cheminement et la description plutôt que le rapprochement des deux personnages.

Ces années là, j'ai accompli un parcours fantastique, halluciné........     croire aux enchantements que le chevalier décrit.

        Cette année 2010, au mois de mai, cinq redoutables aventuriers ont parcouru l'Andalousie, Seville, Cordoue, Grenade.....
        Cinq Frères , Dominique, Jean Mary, Olivier et François qui m'accompagnaient sur les pas du Don Quichotte. 
        Que de beautés, de couleurs, d'affection et d'amour.






VISAGES  -   PERSONNAGES
1991 - 1992

Le visage est révélateur d’un monde subit et caché. Il est le lieu où passent et vivent nos multiples réactions, nos  multiples émotions, toutes nos sensations.
C’est le lieu diversifié où s’établit la communication, c’est aussi une surface en perpétuel mouvement.
Le regard est vecteur de la présence. J’entends insister sur ce mot car sans lui une partie de mes travaux est vaine et inutile.

Ces travaux  n’ont jamais été exposés, ce qui illustre assez bien mon caractère solitaire et secret. D’ailleurs, une partie importante de ma production picturale n’a jamais été présentée au public, ni accrochée sur des cimaises de galerie. Pendant une longue période de ma vie je ne me suis pas occupé de cette obligatoire promotion, mais surtout à cette importante incapacité personnelle à gérer les activités financières.

 

 LES VAGUES

1985 à 2000 -  

   Expositions à Chatillon.

   Vagues et mouvements de l’eau de mer, toujours recommencés.
   Je pense surtout aux moments où sur la côte de Belle-Île, je suis allongé au milieu de ces dentelles créées par la violence de l’océan et l’usure   
   des  falaises sous le vent. Ils sont devenus des éléments fondamentaux de mon introspection. Les mouvements de l’eau sont contradictoires,                       puissants et corosifs.

Elles se déchaînent aux grandes marées et selon l’époque de l’année migrent des milliards de tonnes d’eau qui sculptent  et érodent les murailles rocheuses. Celles-ci cèdent
alors en de vastes pans qui chutent dans l’océan.

 

URBA ROUGE

Aquarelles         2003   2004   2005
Acryliques         2005
Huiles                1995   1996   2001 2002  2003

 Exposition Galerie Karen Gulden à Paris en novembre 2003. 

C’est un regard peu complaisant sur la ville, sur l’urbanisation effrénée de notre époque, sur l’entassement des êtres humains, sur l’enfermement progressif en des lieux bien délimités.
Les dimensions des villes sont inversement proportionnelles aux humains, elles sont démesurées.

Les huiles sur papier sont structurées, c’est un jeu avec les verticalités, un prétexte avec des immeubles, des tours, que sert une organisation graphique qui se compose avec un ensemble de lignes, de courbes, de couleurs différentes et à laquelle s’ajoutent des foules.


RUGBY


1991 1993  2005 2006 2007

Expositions à Chatillon et  Galerie Karen Gulden à Paris en octobre 2007.

 Le rugby est un sport de contact qui demande du courage, de l’abnégation, du respect pour l’adversaire. La mêlée est le lieu premier.
Elle est le lien collectif où chacun tient un rôle, au service du groupe, où s’exerce un travail puissant pour une prise en force et la quête d’une domination dans la poussée.

Conquête et pression constituent un schéma stratégique....... 
C’est magnifique quand l’action est rapide et précise.

Le R C T est ma dédicace, Mayol son berceau.

Rugby, à l’énoncé de ton nom je parcours mentalement toute ma vie…

Dans les années 1950, mon père et moi allions au stade Mayol, l’antre du Rugby club Toulonnais. Il m’a ainsi transmis la passion de ce sport où réalité et mythologie ne cessent de s’interpénétrer. Peintre, j’ai travaillé ce thème. Peindre le rugby c’est proposer aux spectateurs ma vision, mon émotion. Le peindre et le dessiner, c’est introduire dans cet art une autre   gestuelle de l’ovale, c’est honorer ces colosses qui sont comme des statues antiques, toutes en puissance et maîtrise.

J’expose en Octobre 2007 une série de dessins, d’aquarelles et de peintures à l’huile.
Cette expo sera installée avec Dominique et sera dédié à mon père Charles.

 




2003 2005 2007 - ESPACES

Exposition galerie Karen Gulden en 2007.

Espaces végetal
L’espace végétal a séduit beaucoup de visiteurs.

Espaces psychologique
 « Là-bas, c’est toujours toi », a surgi de mon pinceau.
Car c’est toi qui te retrouves, tel que tu es, où que tu ailles. Fuir ne sert à rien.

Espaces urbain

Il est la suite logique des thèmes présentés dans les expositions de 2003 et de 2005.
Il y a une mise en scène des urbains dans des foules qui déambulent. Ce sont aussi des groupes de personnages.

 

 2009  -  MINERAL...   La Cathédrale Athée

 Exposition en 2009 à la galerie Karen Gulden à Paris.

Ce sont les voyages en Irlande et en Ecosse qui en sont les initiateurs, mais aussi cette envie de travailler sur une conception métamorphique, une visualisation très personnelle de la roche, des entassements de pierres.

En Irlande, elles forment des murets qui parcourent les terres irlandaises, enserrent  de petites parcelles qui protègent les potagers du vent puissant qui souffle et portent dans certaines gions les embruns marins qui donnent à l’air une saveur légères.

L’Ecosse, en ce mois de février, fut aussi une véritable révélation. Les couleurs,  si on peut parler de couleurs s’agissant du blanc et du noir qui dominent en cette saison et les triangles formés par les petites montagnes en répétition, organisent le paysage. Le ciel se mélange avec les cimes recouvertes de neige. Le noir des terres est parcouru par de nombreux torrents. Les paysages illustrent le contraste absolu du noir et du blanc, semblable à un pavé mosaïque. C’est cette opposition qui me reste à l’esprit, avec cette estompe de l’air qui entoure toute chose et gomme, dans le froid
ambiant, 
les aspérités des roches.

Je nomme ce travail Minéral mais je m’appuie sur ce raisonnement pour imaginer …  ma Cathédrale Athée…

Je ne suis pas croyant, je me définis comme un athée. C’est pour cette raison que pour cette cathédrale, je l’ai ainsi nommée.

J’ai juste intitulé l’exposition....  Minéral  
 

TRANSFIGURATION

 Elle sera la dernière pierre de l’édifice graphique.

J’ai essayé de dresser cet édifice pendant ma vie de peintre et d’homme. Je pressens que son élaboration sera longue, sinueuse, hésitante, compliquée.

Cette recherche va optimiser le blanc et les couleurs qui traduiront des teintes légères, construction que je réaliserai peut-être … sur cette Pierre qui est mon symbole primordial, cela devrait s’avérer possible, mais je ne jure de rien.

C’est ma peinture qui est et restera le seul maître d’œuvre. Ma peinture est tellement autonome que je m’étonne toujours moi-même d’être pour quelque chose dans sa réalisation...

Pierre Etienne Agostini